Budget Freeland : Un effort pour la lutte à l’itinérance, sans logement social

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Budget Freeland : Un effort pour la lutte à l’itinérance, sans logement social

Montréal, le 12 avril 2022 – Bien que le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec estime que le budget Freeland reconnait l’augmentation des besoins des personnes à risque et en situation d’itinérance, nous tenons à émettre d’importantes réserves quant à l’absence de mesures ciblées notamment pour le logement social.

Un bond important dans le financement
Depuis 2019, le budget dédié à l’itinérance alloué au Québec par l’entremise du programme Vers un chezsoi était de 36M$ par année alors que le besoin estimé se situait à 107M$ par année. Le présent budget annonce 78M$ par année, soit une augmentation de 42M$, avec un manque à gagner de 29M$. L’assurance et la prévisibilité des financements jusqu’en 2025-2026 permettent une stabilité du soutien offert aux personnes en situation d’itinérance par les organisations qui agissent auprès d’elles.

Absence de mesures pour le logement social
Le logement social avec accompagnement communautaire a fait ses preuves en termes de stabilisation et de réinsertion sociale des personnes en situation d’itinérance. Ainsi, nous sommes d’avis que la stratégie nationale sur le logement du gouvernement fédéral devrait faire du logement social avec accompagnement communautaire sa priorité numéro un. Malheureusement, le présent budget considère
trop peu les besoins en logements sociaux. C’est pourquoi le RSIQ demande que le gouvernement précise le montant associé à la construction de logement social et annonce leur participation à la hauteur des besoins documentés de 3 milliards de dollars par année au Canada.

La stratégie canadienne et la stratégie québécoise
Le gouvernement fédéral réitère son désir de mettre fin à l’itinérance chronique pour 2030. Bien que l’objectif soit méritoire, le RSIQ soutient que ce n’est pas la seule réalité d’itinérance que nous devons prévenir et réduire. D’ailleurs, la Politique nationale de lutte à l’itinérance du Québec est porteuse de l’approche globale pour prévenir et réduire toutes les réalités en itinérance alors que certaines orientations fédérales dans la lutte à l’itinérance sont en contradictions avec celle-ci. C’est pourquoi nous rappelons au gouvernement Trudeau l’importance de la respecter.

Pour soutenir adéquatement le Québec, le gouvernement du Canada doit :

  • Maintenir sa posture d’écoute quant aux besoins des personnes en situation d’itinérance et à
    risque de l’être en comblant le déficit de financement de 29 millions pour le Québec;
  • Affecter les fonds Vers un chez-soi en respectant l’approche globale et communautaire, et ce
    dans le respect de la Politique nationale de lutte à l’itinérance;
  • Hausser considérablement le financement pour la construction de logements sociaux,
    permettant un accompagnement en logement.

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Boromir Vallée Dore, Coordonnateur RSIQ
581 849 8951
coordination@rsiq.org

Préparons-nous à une hausse de l’itinérance au Québec

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Budget Girard : Préparons-nous à une hausse de l’itinérance au Québec

Montréal, le 25 mars 2022 – Tout porte à croire que dans les années à venir, nous assisterons à une hausse de l’itinérance au Québec. Pour prévenir et réduire efficacement l’itinérance, il faut à tout prix agir sur la pauvreté, l’accessibilité à des logements sociaux avec soutien communautaire et le financement adéquat du milieu communautaire. Le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec estime que le budget Girard ne donne pas de leviers suffisants pour y arriver.

Absence de logement social
Le RSIQ, à l’instar du FRAPRU, décrie l’absence de financement pour de nouvelles unités de logement social du programme AccèsLogis. Le budget prévoit seulement les unités déjà annoncées, confirmant l’abandon du programme. Nous sommes très loin des 10 000 nouvelles unités nécessaires et demandées. En plus, en ne reconnaissant pas la crise du logement, le gouvernement se désengage vis-à-vis le logement social et effectue un virage vers la privatisation de celui-ci : scénario catastrophique pour les personnes en situation d’itinérance ou à risque de l’être.

Aucune mesure structurante pour augmenter le revenu
La pauvreté est aussi un des facteurs sociaux majeurs qui génèrent de l’itinérance au Québec. Le présent budget n’offre aucune mesure structurante pour lutter contre les impacts sur les revenus des personnes en situation d’itinérance ou à risque de l’être causé par l’inflation et la pandémie. Le RSIQ se questionne quant au gaspillage de 3,2 milliards pour le crédit d’impôt de 500$ et de l’occasion manquée de s’attaquer structurellement à la pauvreté et aux inégalités socioéconomiques. Un crédit d’impôt ne se rendra pas ou très peu aux personnes en situation d’itinérance.

Financement insuffisant des organismes communautaires
La présence d’une section entière qui vise à reconnaitre l’apport et renforcer l’action du milieu communautaire est un premier pas vers la reconnaissance dont a cruellement manqué le milieu dans les deux dernières années. Les besoins des organismes communautaires sont actuellement documentés à la hauteur de 460 millions de dollars supplémentaires par année. Le budget Girard rehausse ce financement de seulement 117,2 M de dollars pour 2022-2023, ce qui ne répondra qu’à un quart des besoins identifiés. Ces montants ne permettront pas d’atténuer l’énorme pression qu’a engendrée la pandémie sur les
groupes communautaires en itinérance, l’épuisement des équipes de travail et encore moins les besoins supplémentaires qui émergeront dans un avenir rapproché.

Pour prévenir et réduire l’itinérance le gouvernement doit prendre ses responsabilités et :

  • Assurer la poursuite du programme AccèsLogis en finançant une nouvelle programmation qui inclut du soutien communautaire et 10 000 logements sociaux par année;
  • Mettre en place des mesures structurantes de lutte contre la pauvreté, entre autres poursuivre le rehaussement du financement pour les prestations destinées aux personnes en situation de pauvreté;
  • S’engager davantage dans le chemin de la reconnaissance et combler rapidement le déficit restant de 342,8 millions pour le financement des organismes communautaires en 2022-2023.


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Boromir Vallée Dore, Coordonnateur RSIQ
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Les acteurs du logement communautaire et social dans l’attente d’un financement à la hauteur des besoins

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Les acteurs du logement communautaire et social dans l’attente d’un financement à la hauteur des besoins

Montréal, le 23 février 2022 – Alors que les plus récentes données sur le logement locatif publiées par la SCHL démontrent que la situation déjà précaire de milliers de ménages locataires risque de se détériorer, les principaux regroupements communautaires québécois ont de grandes attentes envers le 4ème budget du ministre des Finances, Eric Girard, qui sera finalement déposé le 22 mars.

L’Association des groupes de ressources techniques du Québec (AGRTQ), le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), le Réseau québécois des OSBL d’habitation (RQOH), la Confédération québécoise des coopératives d’habitation (CQCH), la Fédération des locataires de HLM du Québec (FLHLMQ) et le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec (RSIQ) s’alarment que la crise du logement qui sévit au Québec met à mal les conditions d’une grande partie de la population québécoise. Avant la pandémie, ce sont plus
de 244 120 ménages locataires québécois qui avaient déjà des besoins impérieux en logement. Les attentes sont immenses pour pouvoir faire face à cette situation alors que la pénurie de logement s’accentue dans plusieurs régions du Québec. Avec un taux général d’inoccupation de la province s’élevant à 2,5%, la rareté de logements locatifs est maintenant
présente partout au Québec. Elle est encore plus intense dans les petites municipalités. La hausse rapide des loyers qui en découle et qui s’ajoute aux autres effets de l’inflation menace les locataires déjà pris à la gorge selon les regroupements.

Pour pouvoir faire face à cette crise du logement, les logements sociaux et communautaires, autant sous forme de coopératives et d’OSBL d’habitation que de logements publics développés par les offices d’habitation sont un maillon essentiel du filet social, affaibli par des années de sous-investissement rappellent les regroupements communautaires. De nombreuses demandes d’investissement en provenance de différents milieux ont été formulées dans le cadre des consultations pré-budgétaires. Bien que la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest ait récemment annoncé la création du Programme d’Habitation Abordable Québec (PHAQ), la manière la plus rapide de répondre à une partie des besoins est de réinvestir dans AccèsLogis selon les organisations communautaires en habitation. De nombreux projets déjà déposés dans ce programme et prêts à être construits, n’attendent que le financement de nouvelles unités. Près de 10 000 logements actuellement en développement pourraient sortir de terre rapidement s’ils avaient un feu vert de la part de Québec. Les acteurs du logement social et communautaire ont d’ailleurs rappelé qu’AccèsLogis est la seule initiative permettant de répondre aux ménages à faibles et modestes revenus, en prévoyant un pourcentage de logements subventionnés et du soutien communautaire, une réalité qui semble jusqu’ici ignorée par le PHAQ.

Les acteurs du logement communautaire ont fait part de leur demande à travers leurs différents mémoires soit financer adéquatement le programme AccèsLogis et la planification d’un minimum de 5000 nouvelles unités pour la prochaine année. Cette nouvelle programmation d’unités doit selon eux être pluriannuelle pour que le développement puisse être planifié à long terme. Ce n’est qu’avec un tel engagement que l’on pourra répondre aux besoins des familles, là où on manque cruellement de logements de plus grande taille, ou encore ceux des personnes aînées à faible ou modeste revenu, qui ne peuvent payer les loyers faramineux exigés par les grandes résidences à profit. Enfin, le milieu municipal, par l’entremise notamment de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), a lui aussi répété l’urgence que le budget 2022 finance adéquatement le logement social et communautaire et maintienne un programme dédié à leur développement. Selon les regroupements communautaires, « il est minuit moins une » pour que les objectifs de développement que les municipalités se sont fixés pour répondre aux besoins des citoyennes et citoyens de leurs territoires puissent être atteints.

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Pour informations et demandes d’entrevue :
Eloïse Houpert, responsable des communications, AGRTQ 
Véronique Laflamme, porte-parole, FRAPRU
Claude Rioux, responsable des communications, RQOH
Nathalie Genois, directrice générale-adjointe, CQCH
Robert Pilon, coordonnateur de la FLHLMQ
Boromir Vallée Dore, Coordonnateur du RSIQ

Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ): Un recul inquiétant dans l’accès au logement pour les personnes en situation d’itinérance

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Programme d'habitation abordable Québec (PHAQ) : un recul inquiétant dans l'accès au logement pour les personnes en situation d'itinérance

Montréal, le 7 février 2022 – Tout porte à croire que l’accès au logement sera plus difficile, voire inaccessible, pour les personnes en situation d’itinérance avec Le nouveau Programme d’habitation abordable Québec. Le PHAQ évacue toute considération des réalités des personnes extrêmement vulnérables, estiment le Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec (RSIQ) et le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).

L’éjection du logement social et communautaire au profit du logement abordable
Avec les balises que l’on connaît actuellement, le PHAQ a tout d’un programme qui positionne le logement comme une marchandise. Le logement abordable semble vouloir remplacer le logement social avec accompagnement communautaire, le type d’hébergement à prôner pour les personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir. Les centaines d’organismes communautaires qui ont déjà développé des projets de logements sociaux savent que c’est bien plus que des logements « pas chers » qu’ils offrent aux personnes : ce sont de réels milieux de vie. Ainsi, le PHAQ met en compétition le milieu communautaire et le marché privé plutôt que de préconiser des partenariats, comme c’est le cas avec AccèsLogis. Pour le milieu communautaire en itinérance, il s’agit d’un recul important dans la possibilité de développer des projets qui répondent aux réalités des personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir.

Loyer abordable, mais pour qui?
Le volet concernant les personnes en situation d’itinérance ou à risque de l’être du programme AccèsLogis soutient les personnes en situation de pauvreté en accordant une aide au loyer (Programme de supplément au loyer). Ceux-ci paient un montant de loyer équivalent à 25% de leur revenu. Le nouveau programme ne prévoit rien de tel pour l’instant. Au contraire, tout le programme est basé sur la notion de loyer abordable. Notons que selon les calculs de la Société d’Habitation du Québec (SHQ), un loyer abordable à Montréal pour un studio est de 700$. Les prestations d’aide sociale sont de 726$ par mois pour une personne seule en 2022. Les personnes qui bénéficient de l’aide sociale pourraient potentiellement ne plus avoir accès à ce programme, les obligeant à choisir entre « se loger » ou « se nourrir ». D’ailleurs, l’aide sociale aide à faciliter le retour à une stabilité résidentielle pour les personnes en situation d’itinérance.

Où est le soutien communautaire?
Pour les personnes en situation d’itinérance qui désirent quitter la rue, un toit n’est pas suffisant. Ce nouveau programme, tout comme le Plan d’action interministériel en itinérance 2021-2026 (PAII), évacue le logement social avec soutien communautaire alors que nous savons que cette combinaison est recommandée formellement par le ministère de la Santé et des Services sociaux comme une pratique d’intervention efficace afin de prévenir et réduire l’itinérance.

En vertu de ces nouvelles informations et de la crise qui se vit présentement dans le milieu de l’itinérance, le RSIQ et le RAPSIM maintiennent le cap et demandent à Québec : 

  1. De lever toute ambiguïté en annonçant dès maintenant la poursuite du programme AccèsLogis et de financer une nouvelle programmation de 10 000 logements sociaux par année, comme le FRAPRU le recommande dans son mémoire prébudgétaire.
  2. Des investissements massifs et rapides en soutien communautaire en logement social (SCLS) et que ceux-ci soient récurrents et permettent le développement et la consolidation en SCLS.

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Boromir Vallée Dore, coordonnateur du RSIQ
581-849-8951
coordination@rsiq.org

Contribution santé : payer pour sa vulnérabilité​

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Contribution santé : payer pour sa vulnérabilité

Québec, 12 janvier 2022 – Pour Le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec (RSIQ)[1] le gouvernement québécois a annoncé hier son intention d’ériger un mur entre l’accès aux soins de santé et les personnes en situation d’itinérance. Elles fuiront les établissements de santé alors que leur confiance à leur égard est très fragile.

Nous sommons le gouvernement d’éviter toute forme de logique punitive à leur égard et de faire place à une amélioration de l’accès aux soins. Le RSIQ s’opposera fermement à toute mesure venant fragiliser la situation financière, sociale et médicale des personnes en situation d’itinérance.

Dans son dernier plan d’action interministériel en itinérance (novembre 2021), le gouvernement reconnaît que les besoins en terme médical de ces personnes sont nombreux et que le réseau de la santé peine à les rejoindre. Maintenant, il souhaite davantage les en écarter en utilisant une logique coercitive d’amende.

La réalité est telle que certaines personnes en situation d’itinérance n’ont actuellement pas reçu leurs deux doses et que certaines qui les ont n’ont pas de passeport vaccinal. Lorsqu’on s’attarde aux parcours de ces personnes, nous pouvons identifier que :

  • À l’instar de bien des personnes dans notre société, un grand nombre de personnes en situation d’itinérance doivent composer avec une dépendance aux substances psychoactives, des troubles de santé mentale et physique graves, qui dans bien des cas, briment leur contact avec la réalité.
  • Dans un quotidien axé sur la survie, il est parfois rangé au second degré le fait d’aller chercher une protection médicale adéquate.
  • Parmi elles, il y a des personnes ayant subi des traumatismes provenant des institutions publiques qui ont entraîné une méfiance à leur égard.

Cette amende santé annoncée par le gouvernement québécois va davantage complexifier la réalité des personnes en situation d’itinérance. Le contexte pandémique ne justifie pas de s’éloigner de notre Politique nationale de lutte à l’itinérance qui affirme que le respect des droits les plus élémentaires des personnes en situation d’itinérance, notamment d’accès à des soins de santé, ne peut être réduit à une simple question de responsabilité individuelle.

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Renseignements :

Boromir Vallée Dore, coordonnateur du RSIQ
581-849-8951 – coordination@rsiq.org

 

[1] Le RSIQ est composé de 15 tables de concertations régionales en itinérance et totalise plus de 330 organismes communautaires à travers le Québec qui œuvrent à améliorer la qualité de vie des personnes en situation d’itinérance.

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